• Imprimer
  • Envoyer à un ami
  • Commenter (3)
  •  

Nitaskinan: nos terres et nos droits méritent le respect

Chef Paul-Émile Ottawa, Chef Christian Awashish et Chef David Boivin. (Photo collaboration spéciale)

Chef Paul-Émile Ottawa, Chef Christian Awashish et Chef David Boivin.

Publié le 29 Juin 2012
Publié le 29 Juin 2012
Sujets :
Kruger , Commission royale , ONU , Québec , Haute-Mauricie

Aux leaders politiques et économiques du Québec,

Inquiétude et indifférence sont les réactions manifestées à notre campagne visant la protection de nos droits sur le Nitaskinan, notre territoire ancestral. Nous comprenons les inquiétudes. Elles sont légitimes et peuvent être facilement calmées si le gouvernement du Québec accepte d’entamer avec nous une négociation quant à notre place dans le développement des ressources naturelles du Nitaskinan. Car notre intention n’est pas de s’opposer au développement économique. Au contraire, nous sommes en faveur d’un développement économique qui respecte les principes de développement durable et, surtout, qui tient compte de nos droits et de nos intérêts. Comme toutes les autres nations du Monde, nous voulons nous aussi prospérer et offrir un avenir meilleur à nos enfants et petits-enfants.

L’indifférence manifestée à l’égard de nos actions nous amène à s’interroger sur le sérieux accordé à nos droits, nos intérêts, voire à notre existence. Nous ressentons cruellement le qualificatif de « peuple invisible » qu’avait utilisé le scénariste québécois Richard Desjardins en parlant de la nation Algonquine. Souvent, nous ressentons ce phénomène d’un peuple que l’on oublie et que l’on refuse de voir.

C’est donc avec un espoir de changement que nous amorçons cette campagne qui vise notamment à bloquer les opérations forestières de l’entreprise Kruger et d’autres entreprises forestières opérant en Haute-Mauricie. À titre de Chefs élus de la Nation Atikamekw, nous sommes présents et nous portons les aspirations de notre peuple pour des conditions meilleures. Le principal souhait que nous avons, c’est que le gouvernement du Québec accepte de prendre un virage draconien afin de renouveler, notre relation, afin qu’elle devienne une véritable relation « de nation-à-nation ».

Nous attendons ce geste depuis plus de douze ans, c’est-à-dire depuis la publication du Rapport de la Commission royale sur les peuples autochtones. Dans ses toutes premières pages, d’un rapport faisant plus de 1000 pages, la Commission affirmait que « les Canadiens rejettent le paternalisme du passé et reconnaissent que les Autochtones sont les mieux placés pour définir leurs intérêts et en assurer la promotion ». Or, que ce soit au niveau fédéral ou au niveau provincial, nous sommes toujours victimes du même système paternaliste et colonialiste qui nuit au développement de notre peuple. Encore aujourd’hui, le gouvernement du Québec octroie des permis d’exploitation de notre territoire, sans aucunement tenir compte de nos droits qui font pourtant l’objet de négociations territoriales depuis plus de 32 ans.

Cette réaction crée certainement une grande surprise chez plusieurs, puisque la nation atikamekw est surtout connue pour son caractère calme, un sens aigu de bonté et, bien sûr, son magnifique sens de l’humour. Il en aura donc fallu beaucoup pour nous faire sortir de nos gongs et ériger des barricades. Nous tenons toutefois à préciser que ces actions ne sont pas faites contre les Québécois mais visent essentiellement le gouvernement du Québec. Nous aurions aimé utiliser d’autres moyens, moins nuisibles pour les travailleurs et la population en générale. Devant le mur d’intransigeance du gouvernement, il semble que nous n’avions pas d’autres choix. Cela étant, nous sommes convaincus que nos demandes sont raisonnables et qu’une entente Atikamekw-Québec permettrait la construction d’un nouveau partenariat bénéfique à nos deux nations.

Comme les Québécois, nous formons une nation unie, fière de notre histoire et de notre identité. Nous poursuivrons nos actions tant et aussi longtemps que nos demandes ne feront pas l'objet de réponses. Ces demandes consistent essentiellement à :

- création d’une relation de nation à nation ;

- établissement d’une formule de cogestion du territoire ;

- mise en place de mécanismes permettant aux communautés atikamekw de tirer profits des activités d’exploitation du territoire.

En somme, nous demandons la négociation d’une entente semblable à celle de la « Paix des Braves » conclue avec la nation Crie en 2002. Ce type d’entente politique et économique peut être conclue indépendamment des négociations territoriales visant la conclusion d’un traité.

Nos actions sont aussi conformes à la Déclaration de l’ONU sur les droits des peuples autochtones, qui reconnaît notamment le droit au « consentement libre et éclairé » des peuples autochtones affectés par des activités d’extraction sur leur territoire. Elles seront menées de manière pacifique et ordonnée.

Nous demandons le respect intégral de nos droits inhérents, reconnus en droit canadien et en droit international. Concrètement, nous voulons notamment conserver l’accès, sans entrave, à nos territoires ancestraux, favoriser l’harmonisation des opérations forestières et de nos activités traditionnelles, retirer des bénéfices de l’exploitation des ressources, ainsi que devenir des partenaires du développement, ce qui nous permettra de développer notre économie et mettre fin à nos situations chroniques de pauvreté.

Christian Awashish

Chef, Conseil des Atikamekw d’Opitciwan

David Boivin

Chef, Conseil des Atikamekw de Wemotaci

Paul-Émile Ottawa

Chef, Conseil des Atikamekw de Manawan

Commentaires

  • Nom de l\'usager
    C.Bizzard
    - 29 Juin 2012 à 18:16:47

    Attendez-vous à un long conflit. Au provincial, Jean n'est pas un fin négociateur, son gouvernement à empirer, peut-être volontairement, la crise étudiante, son but est de l’étirer pour la voir mourir dans l'œuf, qu’importe le prix, ce sont les dollars du peuple, votre cas ressemble à ça, on remet à plus tard. Au fédéral, la gang à Steven, bien ils n'ont jamais eu de crise majeure à gérer, et, ils font présentement des coupures dans les ministères qui semble non planifier d’avance, on verra pour les dégâts après. Bon succès dans vos revendications, je suis de tout cœur avec les gens des premières Nation, on vous oublie trop souvent, mais pour réussir une négo avec les dirigeants du Québec et du Canada, je crois qu’on n’est pas sortie du bois.

    Commentez

  • Nom de l\'usager
    Isabelle Wood
    - 29 Juin 2012 à 11:16:19

    Wow, quel message empreint de respect, de dignité et de fierté! Partagez-le, SVP, afin que la population du Haut Saint-Maurice et du Québec puisse comprendre les aspirations légitimes de cette nation qui souhaite accéder enfin à la prospérité économique et sociale à laquelle elle a droit, en toute légitimité. Je me sens fière et privilégiée plus que jamais de travailler avec et pour les membres de cette Nation qui qui se lèvent et se tiennent debout pour revendiquer des changements durables pour assurer un présent digne et un avenir meilleur pour les générations actuelles et futures. À nous, maintenant d'écouter et de saisir cette opportunité unique de poser les actions nécessaires, justes, équitables et harmonieuses.

    Commentez

    • Nom de l\'usager
      carole
      - 3 Juillet 2012 à 19:17:40

      Merci isabelle de votre ca me vas doirt au coeur de ce que tu viens d'ecrire si seulement les premiere ministe du quebec et du canada gouvernant avec leur coeur ou lieux de leur orgueil. s'il s s etais sensible au bien-etre de tout leur electeur . je crois kil y a kil de harmonie sur terre. mais il sont sont assie dans leur fauteille en admirant leur mombrie...

Commentez

Commentez (Nous gardons les courriels privés)
Accord

Nous prions les internautes de rester polis. Il est interdit de soumettre du contenu discriminatoire, insultant ou inapproprié, qui pourrait être retiré du site à notre discrétion. Nous ne sommes pas responsables des opinions ou du contenu soumis par les internautes. L'utilisation de ce site ainsi que la propriété du contenu qui est soumis sont régies par nos Conditions générales d'utilisation et le Politique de confidentialité.

Les organismes membres doivent promouvoir des activités légales et à but non-lucratif. Tout organisme faisant la promotion d'activités illégales ou de services / produits commerciaux sera retirée du site.

J'accepte ces conditions.

Publicité

Infolettre

Inscrivez votre courriel et recevez nos nouvelles dès leur parution !

Inscription aux nouvelles en direct
loading...

Publicité