«On l’accepte dans notre troupe parce qu’il nous paye pour jouer», affirme Gilles Latulippe lorsqu’on lui demande de nous parler de son nouveau protégé. «Il est apparu au moment où j’en avais besoin. Il n’a pas eu une audition en bonne et due forme, mais à se parler comme ça et à voir comment il prenait le métier à coeur, ça m’a donné confiance. Donc, j’ai fait une tentative et ça l’a marché. C’est rare que je dis à mes acteurs que je les trouve bons, mais si je les reprends, c’est qu’ils le sont», ajoute-t-il plus sérieusement.
Nouvelle pièce, même formule
Malgré la nervosité apparente d’une nouvelle pièce, quelques blancs de mémoire bien camouflés et un ou deux gags qui manquent de finition, Viva Viagra est un bijou du répertoire burlesque de Latulippe. «Viva Viagra, un show qui lève!» peut-on lire dans le descriptif de la comédie, avec justesse. Gilles Latulippe s’est entouré de ses mêmes vieux complices qui l’accompagnent sur les planches depuis, dans certains cas, trois décennies. Jacques Salvail, Josée La Bossière, Richard Lalancette, Diane St-Jacques et Louise Matteau sont des noms généralement connus de ceux qui suivent la carrière de l’humoriste septuagénaire et puis il y a Yvan Ross. À l’instar de l’an dernier, le Latuquois joue le rôle du comparse de Gilles (le personnage). Il est de connivence dans ses mauvais coups. Ross revient en scène dans un rôle atypique lors du deuxième entracte. Il enfile alors le costume d’un professeur scientifique spécialisé dans les histoires de sexe. L’énormité des personnages et la présence sur scène de Latulippe assurent le succès de cette comédie. Le fils spirituel d’Olivier Guimond prend encore un véritable plaisir à embrasser les planches et ça paraît.
«J’ai 75 ans, je ne sais pas combien de temps je vais faire ça encore, mais j’ai toujours ce feu sacré que j’avais il y a 53 ans. Je ne sais pas pourquoi, mais ça ne s’éteint pas. D’année en année, je me dis toujours que ça va peut-être être ma dernière année, mais ce qui me redonne la force de faire ça, c’est la façon dont les gens nous reçoivent. Le public qui est là et qui rit encore de nos gags, c’est une espèce de drogue et nous sommes poignés probablement à vie avec ça», constate-t-il.
Les deux pieds dans le métier
Au petit écran il apparaît maintenant dans les annonces de McDonald‘s. Dans quelques séries il a donné la réplique comme deuxième et troisième rôle. Avec Gilles Latulippe, Yvan Ross a même l’occasion d’enfiler la peau d’un personnage hors de son casting. Les opportunités de se faire voir sont de plus en plus nombreuses pour la recrue latuquoise. «J’ai pris une résolution, je me suis dit qu’avant 2013, je décrocherais mon premier rôle à la télé. Je n’ai pas eu la chance beaucoup d’auditionner, mais j’ai rencontré quelques producteurs», lance-t-il.
Malgré une carrière qui prend son envol, Yvan Ross conserve de fortes racines latuquoises. Plusieurs membres de sa famille étaient d’ailleurs venus le voir jouer à l’avant-première de Viva Viagra. «Il y a plusieurs Latuquois qui se sont déplacés (à Drummondville) que je ne connaissais pas. Je suis reconnaissant de leur appui», soutient-il.
À l’inverse, lorsque l’occasion se présente, le comédien n’hésite pas à longer la rivière St-Maurice pour retrouver sa communauté. Il était d’ailleurs l’un des 704 marcheurs lors du premier Relais pour la vie de La Tuque le 2 juin dernier.
Mentionnons en terminant que Gilles Latulippe sera de passage à La Tuque le 22 octobre dans le cadre du Festival de chasse. Il y présentera un spectacle de type cabaret.

