« Je ne plains plus pour rien! » - Philippe Arseneault

Patrick
Patrick Vaillancourt
Envoyer à un ami

Envoyer cet article à un ami.

De retour chez lui, le Latuquois Philippe Arseneault résidait à Pékin en Chine au cours des six dernières années. L’Écho l’a rencontré afin de mieux connaître son expérience.

Phillipe est parti en 2003 dans une « petite » ville chinoise d’environ un million d’habitants, afin d’enseigner le français dans une école qui est le pendant d’un Cégep en Chine dans le cadre d’une entente avec le collège Laflèche. Le projet qui devait durer trois ans a fonctionné pendant deux années.

De retour au Canada, le Latuquois a travaillé à Régina pendant un an avant de retourner en Chine, mais cette fois à Pékin. « Je me suis déniché un emploi pour la télévision publique chinoise, pour la chaîne francophone. J’étais tombé amoureux du pays lors du projet de partenariat et mon but était de retourner en Chine. »

« Je me trouvais en plein cœur de Pékin », explique-t-il avec un sourire en coin.

Pékin détient plus de 20 millions d’habitants, presque trois fois la population totale du Québec. « On n’est pas habitué ici à voir autant de gens. Le centre-ville est monstrueux, et mon appartement était là. Je voulais me trouver au cœur de l’économie, et Pékin est au cœur de la Chine. La première année, c’était jouissif, puisque j’ai toujours aimé les grosses villes. Mais après six ans, je n’étais plus capable. Disons que la dernière année était de trop! »

Pour quelle raison? « La pollution à Pékin a terriblement évolué en 6 ans. Avant de partir en décembre dernier, c’était pire que pire. Le ciel est toujours laid, le smog toujours épais. Je voulais brailler de joie en voyant la couleur du ciel bleu et les nuages lorsque je suis revenu ici en décembre dernier. Ça parle beaucoup de la pollution entre les gens et dans les médias du monde, mais pas ceux de Pékin. »

La Chine et la technologie

«L’Internet a permis aux Chinois d’avoir des informations que les médias ne diffusent pas, poursuit le Latuquois. Par exemple, l’ambassade des États-Unis publie des données sur la pollution tous les jours, alors les gens se partagent l’information par courriel, parce que twitter et facebook sont des sites bannis en Chine. Les Chinois sont maintenant aussi branchés que nous, et l’information circule à une vitesse que le gouvernement est incapable de contrôler. C’est difficile maintenant de dire ce que deviendra la Chine avec l’Internet. »

La Chine pourrait toutefois entrer dans un changement économique en raison de l’expansion rapide. « Pendant que j’étais là-bas, il y a eu une explosion immobilière dynamique et rapide, mais la crise immobilière commence parce que la Chine a trop bâti. Présentement, les économistes tentent d’évaluer les impacts dans le monde sur les matériaux de construction.»

On se compare, on se console

Philippe Arseneault sait désormais que les Québécois sont chanceux! Quelle est la chose principale qu’il retient de son séjour? «Nous sommes chanceux d’être nés ici au Québec, dans une société prospère. Je ne plains plus pour rien! Quand j’ai envie de me plaindre, je repense aux enfants pauvres en Chine. J’ai toujours pensé que le Québec devrait favoriser les voyages d’échanges pour les jeunes comme je l’ai fait. Il devrait y avoir plus d’initiatives de ce côté. Dans les pays scandinaves, c’est encouragé. Ça permet d’avoir une vision du monde qui est plus équilibrée.»

Le plus beau souvenir? «Sans aucun doute, l’excursion que j’ai faite avec ma copine de l’époque à la grande muraille au printemps 2009. Il n’y avait aucun touriste. Nous étions seuls dans un décor comme le Seigneur des anneaux. C’était un grand bonheur esthétique, mais j’ai aussi la peur du vide (acrophobie). J’étais terrorisé aussi, alors il y avait un mélange de peur et d’émerveillement.»

Le pire souvenir? «Les crachats et la pollution, répond-il immédiatement. C’est dégueulasse de voir que les Chinois crachent tout le temps partout.»

Est-ce que Philippe réaliserait un autre séjour au pays de Mao? «J’irais y vivre à nouveau, oui. Mais dans une ville plus petite. J’ai aussi visité le Japon, et j’ai adoré. Je serai peut-être plus prêt à aller vivre au Japon. J’ai rompu avec la Chine, pour trouver un nouvel amour avec le Japon», lance-t-il à la blague.

«Les Chinois ne sont pas racistes par contre, et ils sont très amicaux avec les étrangers. J’y ai vécu 8 ans et je n’ai jamais subi de racisme, c’est quelque chose. Ça démontre l’essence du peuple», ajoute-t-il.

Et comment s’est passé le retour à La Tuque? «Tu ne peux pas être déstabilisé quand tu reviens dans ta maison. Et je voulais revenir pour le centième de la ville. J’étais très heureux de revenir chez moi. C’était significatif de revenir pour le centième parce que je suis attaché à ma ville. Même si je n’ai pas participé aux fêtes des retrouvailles l’été dernier. »

Organisations: Laflèche

Lieux géographiques: Chine, Pékin, Québec Canada Régina Japon États-Unis La Tuque

  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5

Merci d'avoir voté

Haut de page

Commentaires

Commentaires

Derniers commentaires

  • suzie156
    30 mars 2012 - 17:47

    Très bel article, c'est beau de voir de jeunes personnes aller au-devant de leurs peurs et de se dépasser. Félicitations Philippe.

    • Hélène
      02 avril 2012 - 09:56

      Quelle aventure extraordinaire tu as vécu. Merci de nous en faire part. Ca pique notre curiosité au sujet de la Chine. Bravo Philippe.