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Des gestes «inadmissibles», commis par des «criminels»

Le capitaine Jean Finet, le maire Alain Rayes et la directrice Josée Simoneau.

Le capitaine Jean Finet, le maire Alain Rayes et la directrice Josée Simoneau.

Publié le 5 Mai 2012
Publié le 5 Mai 2012

Jusqu’à la toute dernière minute, vendredi, le maire de Victoriaville, a cru que les manifestations attendues se dérouleraient dans le calme. Après l’émeute d’hier soir, Alain Rayes avait définitivement perdu le sourire. Comme maire de Victoriaville, père de famille, ancien directeur de l’école, citoyen, il a déclaré qu’il était «inadmissible» que de tels gestes soient posés dans une société démocratique comme la nôtre. «Je n’ai pas l’intention de me faire intimider et de rester les bras croisés!», a-t-il lancé.

Sujets :
Sûreté du Québec , Conseil de l’Hôtel de ville , District Mauricie , Trois-Rivières , Québec

Accompagné du capitaine Jean Finet du service des relations publiques de la SQ (district Mauricie et Centre-du-Québec) et de Josée Simoneau, directrice du programme de santé physique du Centre de santé et de services sociaux d’Arthabaska-et-de-l’Érable, le maire s’est présenté devant une vingtaine de journalistes de médias nationaux et régionaux attroupés dans la salle du conseil de l’Hôtel de ville.

La conférence de presse proprement dite n’a duré qu’une dizaine de minutes. La période de questions, surtout adressées au porte-parole de la Sûreté du Québec a duré beaucoup plus longtemps.

Neuf personnes à l’urgence

D’entrée de jeu, le maire a dit que ses premières pensées matinales s’étaient centrées sur les personnes, policiers et manifestants, blessées lors de ces «malheureux événements».

À ce sujet, Josée Simoneau a indiqué que neuf personnes avaient été admises à l’urgence de l’Hôtel-Dieu ce soir-là, six participants à la manifestation et trois policiers. De ces neuf personnes, quatre ont subi de graves traumatismes) : deux, un traumatisme crânien, deux, des blessures faciales. Trois de ces personnes grièvement blessées ont dû être transportées vers des centres spécialisés (Trois-Rivières et Québec). À l’Hôtel-Dieu, on craignait d’ailleurs pour la vie d’une des personnes qu’on a transportées à Trois-Rivières.

Mme Simoneau n’était pas en mesure de préciser la condition actuelle du patient. Les cinq autres blessés de façon mineure ont tous pu quitter l’hôpital hier soir. Il ne restait qu’un patient souffrant d’un traumatisme facial encore à l’urgence de l’hôpital ce matin.

À la question des journalistes sur ce qui avait blessé ces personnes, Mme Simoneau a parlé de «projectiles» comme des boules de billard, des pavés et des balles de caoutchouc.

Le travail policier

De son côté, le capitaine Finet a voulu faire une «récapitulation» des événements de vendredi soir, la manifestation ayant vite dégénéré en attroupement illégal (dès qu’il y a infractions criminelles), puis en émeute (agressions et voies de fait contre des personnes, manifestants ou policiers).

S’il dit que toute l’intervention sera revue (beaucoup d’images ont été prises) et analysée, les policiers ont fait leur travail avec «rigueur, professionnalisme et rapidité». Il a d’ailleurs précisé que quatre individus avaient rapidement été arrêtés et que les policiers avaient intercepté trois autobus partant de Victoriaville en direction de Montréal. Des 106 personnes arrêtées, trois seraient des récidivistes qui devraient comparaître sous divers chefs d’accusation. Tous les autres ont été libérés sous promesse de comparaître.

Il a qualifié de «criminels», de «bandits», de «sans scrupule», ces gens qui ont privé les autres d’exercer leurs droits fondamentaux de manifester. Et, à l’instar du maire, il soutient que ces gens n’étaient pas là pour protester contre la hausse des droits de scolarité.

Les policiers, a-t-il souligné, ont tout fait pour assurer la «paix sociale». À plusieurs reprises, il a répété que les policiers en uniforme «standard» avaient aidé les manifestants à garer leur véhicule, les avaient escortés paisiblement vers le centre des congrès. Là, ils ont demandé à des individus de cesser de secouer la barrière que l’on avait installée, une «ligne» délimitant la zone qu’on ne devait pas franchir. Mais, rapidement, a-t-il ajouté, les policiers ont dû utiliser la «force nécessaire» pour repousser la foule, des pièces pyrotechniques ayant été lancées sur la toiture du centre des congrès.

Oui, a-t-il répondu, la SQ disposait d’assez d’effectifs. À ce journaliste qui lui demandait pourquoi n’avait pas été ramassé ce tas de briques situé à une dizaine de mètres du bâtiment, le porte-parole de la SQ a répondu que les policiers ne pouvaient faire le ménage partout.

Beaucoup de participants à la manifestation ont quitté les lieux devenus dangereux. Malgré la tension, certains sont restés, déçus que la manif prenne une telle tournure, a dit le capitaine. Certains ont d’ailleurs écrit sur les réseaux sociaux qu’ils n’ont pu fuir avant que les policiers utilisent des gaz irritants et des balles de caoutchouc.

À la réflexion

On peut s’attendre à un nouveau bilan… et aux suites à donner à cette émeute.

Le maire a été un peu sibyllin quand il a dit que, comme élu et comme citoyen, il y avait des questions à se poser et des mesures à prendre. De la casse, il y en a eu lors des manifestations à Montréal, a-t-il dit. «Montréal est un symbole économique et du capitalisme. Que cela se transporte en région à Victoriaville – et cela aurait pu se produire n’importe où – devrait inciter à la réflexion l’ensemble des citoyens du Québec.»

Voulant toujours se faire rassurant, M. Rayes a dit que, malgré les événements malheureux de la veille, jamais la sécurité des citoyens de Victoriaville n’avait été mise en jeu, qu’aucun méfait n’avait été commis en dehors de la zone du centre des congrès et que la prochaine manifestation prévue pour aujourd’hui (samedi) nécessiterait encore plus de vigilance. Il a répété son appel au calme.

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