Les chefs des communautés de Kitigan Zibi, M. Gilbert W. Whiteduck, de Eagle Village, Mme Madeleine Paul, et de Kitcisakik, Mme Adrienne Anichinapéo, ont uni leurs voix à celles des chefs des communautés de Wemotaci, Opitciwan et Manawan qui ont procédé au blocage de routes et de la voie ferrée du CN pour empêcher que les ressources de leur forêt soient transportées ailleurs pour y être transformées. Ce geste d’éclat a été entrepris après l’échec de toutes les autres démarches.
« Chacun dans nos communautés, nous sommes confrontés aux mêmes problèmes et à la même situation, que ce soit avec les compagnies forestières ou les compagnies minières ; elles puisent les richesses de nos territoires sans que nos communautés soient compensées ou que nous soyons invités à participer à ce qui devrait être des projets de développement durables. » Les trois chefs algonquins Anishinabe ont indiqué que cette situation est inacceptable et qu’elle nécessite une action immédiate et non la rhétorique politique habituelle.
Si certaines communautés autochtones s’en tirent légèrement mieux que d’autres, la plupart des communautés des Premières Nations font face à un très haut taux de pauvreté et vivent parfois dans des conditions jugées inacceptables. Les chefs algonquins ont rappelé que, comme dans le cas des Atikamekw, le territoire algonquin n’a jamais été cédé, vendu ou abandonné et que la Cour suprême du Canada a reconnu à plusieurs reprises que nous avons des droits inhérents à ce territoire qui ne peuvent être ignorés.
« Nous ne voulons rien enlevé aux citoyens qui vivent sur le territoire et nous espérons que ceux-ci pourront comprendre qu’il est moralement et légalement injuste que les terres et les ressources naturelles nous soient enlevées et exploitées sans consultation et un partage de la richesse. Nous n’avons jamais abandonné nos responsabilités en tant que gardien du territoire. Il est grandement temps que notre relation s’établisse sur la base d’un partenariat durable et profitable pour chacun ».
Les chefs algonquins Anishinabe estiment également que l’exemple des Atikamekw pourrait être suivi dans un avenir rapproché par d’autres groupes, dont les Algonquins Anishinabe, qui demandent depuis plusieurs dizaines d’années que leurs droits soient reconnus et que l’honneur de la Couronne soit maintenu au plus haut niveau. Ils enjoignent le gouvernement du Québec d’agir rapidement et d’ouvrir un dialogue constructif et proactif avec toutes les Premières Nations.
