Ce n’est pas au niveau des ventes de gros articles comme les motoneiges où les commerçants s’en ressentent le plus, mais plutôt dans la vente d’articles saisonniers et surtout, les commerçants vivant du tourisme. Une lueur d’espoir survient puisque les prévisions météorologiques pour la prochaine semaine prévoient du temps froid, avec des possibilités de chute de neige.
MotelsLe propriétaire du Motel des 9 et du Motel le Gîte, André Marineau, souligne qu’il s’agit de la première fois en 30 ans qu’il voit de telles conditions à l’hiver. «Lorsqu’on regarde le calendrier, il existe de 10 à 12 week-ends de motoneige. Nous en avons déjà perdu deux et à toutes les journées, nous espérons qu’il tombe de la neige. La saison sera catastrophique s’il n’y a pas de changement en janvier puisque la grosse partie de la saison touristique s’amorce à la fin janvier. J’estime que nous avons perdu 15% en recette jusqu’à présent comparativement aux autres années.»
Relais 22Du côté de Robert Carrier, propriétaire du Relais 22, il évalue ses pertes depuis l’automne à 60 000$ en raison des caprices de Dame Nature. «J’ai subi des pertes énormes. Même à l’automne, il a tellement plu que j’avais moins de chasseurs et de trappeurs. Pendant le temps des Fêtes, ça été catastrophique puisqu’habituellement, nous sommes une dizaine d’employés et cette année, nous n’étions que deux et nous n’avons jamais été très occupés.»
M. Carrier affirmait qu’une partie du sentier provincial 83 a été ouverte mercredi, mais pas en totalité. Les lacs sont gelés plus au nord mais ce n’est pas le cas des rivières.
Canadian TireLe propriétaire du Canadian Tire à La Tuque, Sylvain Bérubé, explique qu’il n’est pas nécessairement touché par l’hiver bizarre en raison du départ de Zeller’s. «Nous avons récupéré certaines ventes que Zeller’s réalisaient. Je vois une baisse seulement dans les produits saisonniers comme les patins ou les habits d’hiver. Toutefois, certains articles sont en hausse dans les ventes comme les traîneaux ou les bottes. Une autre raison, c’est que nous avons un meilleur inventaire cette année. Donc l’absence du froid et de la neige n’est à peu près pas visible pour nous. Sûrement que les ventes auraient été encore meilleures avec des conditions hivernales mais je n’ai pas à me plaindre.»
Le PionnierPour Alain Garceau, propriétaire du magasin Le Pionnier, il n’y a pas de répercussion importante. «Il existe deux sortes de clientèle : la clientèle qui veut acheter et la clientèle de besoins. C’est l’absence de cette dernière sorte de clientèle qui fait le plus mal. La consommation n’est pas la même : au lieu d’acheter des manteaux d’hiver, les gens achètent des manteaux de printemps. J’ai un manque à gagner de 40% sur les manteaux d’hiver. Sur mais statistiques d’ensemble de janvier, je n’ai pas de retard sur l’année dernière donc je n’ai pas à me plaindre. Si les conditions demeurent mauvaises, je n’aurai peut-être pas le même discours en mars.
Les commerces de motoneigeL’Écho a aussi rencontré Annick Deschênes, gérante de Nautico, et René Tellier, gérant de Denis Gélinas moto, deux commerces qui vendent des motoneiges.
«Il n’y a aucune différence pour la vente de gros articles comme la motoneige, précise Mme Deschênes. Ce genre d’achat se planifie et souvent, les ventes sont faites à l’automne, avant que la neige tombe. C’est surtout au niveau de la vente de petits articles comme des habits de motoneige que l’on voit une différence. Ce qui serait terrible, ça serait de ne pas avoir de neige jusqu’en février, qui est la grosse période. Mais présentement il n’existe pas de grosses répercussions.»
M. Tellier, gérant de Denis Gélinas moto, tient à peu près le même discours que Mme Deschênes. «Nous avons fait sensiblement les mêmes ventes que l’année dernière. Mais je ne cache pas que j’ai hâte que le sol devienne plus blanc. Comme nous ne faisons pas de location de motoneige, nous ne sommes pas vraiment touchés par la température. Les ventes de motoneiges se font surtout à l’automne.»



