«C’est certain qu’avec le changement de gouvernement, ça retarde le processus, explique le chef David Boivin. L’entente de principe a été signée le 30 août dernier, mais il reste la signature officielle. De notre côté, on doit s’entendre sur qui seront les signataires. C’est certain que nous voulons que la première ministre Pauline Marois soit à la table de négociations, tout comme la ministre des Ressources naturelles, Martine Ouellet, et la ministre déléguée aux Affaires autochtones, Élizabeth Larouche. Nous voulons aussi que le ministre des Affaires intergouvernementales soit présent. On verra la suite des choses.»
L’entente finale doit être signée d’ici juillet 2013. «Pour nous, c’est très important que nos membres sachent les discussions qui sont à la table, poursuit David Boivin. Est-ce que c’est acceptable, oui ou non? Nous avons toujours une période de consultation. L’entente de principe a été présentée à la population, et elle a été acceptée majoritairement. Ça sera important d’analyser l’entente finale, puisque pour l’instant, il n’y a pas de cession des droits. Dans notre optique, c’est quelque chose que nous caressons encore. Nous voulons défendre les intérêts de nos membres, et de faire respecter nos droits parce que la partie consultation n’est pas adéquate pour le moment. Tout ce qui concerne la déforestation et les coupes qui se font actuellement. Nos membres veulent voir des résultats immédiats.»
Toutefois, il n’est pas question pour les Atikamekws de mener d’autres blocus. «Si les discussions fonctionnent et qu’il y en a de façon régulière, il n’y aura pas de blocus. Mais si les discussions avortent, on regardera les moyens de pression que l’on peut utiliser», ajoute M. Boivin.
Les Atikamekws : un exemple
Des Autochtones de la Côte-Nord ont récemment fait des pressions contre le Plan Nord, et les Atikamekws ont été cités en exemple. «On a créé un certain mouvement au Québec, et même à l’échelle nationale, indique le chef Boivin avec un sourire discret. Je pense que les peuples autochtones nous regardent de la façon que l’on mène la bataille. Nous avons apporté une nouvelle façon de faire, nous sommes de jeunes leaders avec le chef Awashish d’Opitciwan, et les autres chefs nous consultent parce qu’ils savent que nous avons une nouvelle vision. C’est flatteur! Si on réussit à signer une entente finale, je pense que le Québec devra prendre exemple sur nous afin de régler d’autres points avec les autres nations autochtones», termine David Boivin.

